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Parmi les tableaux réalistes j'ai choisi" la cribleuse du Blé" de Gustave Courbet qui m'a beaucoup fasciné.

Contexte historique:

Au milieu du XIXe siècle, la culture est largement prédominante dans l’économie rurale du Doubs. La surface agricole, presque totalement cultivée, témoigne du dynamisme d’une paysannerie soucieuse de rentabiliser la totalité de ses terres. En 1836, les terres cultivables du département s’étendent sur 216 513 hectares : 44 % sont consacrés à la culture des céréales, dont près de la moitié à celle du froment. Cette spécialisation céréalière, signe des riches ressources du terroir, répond à la demande grandissante des villes, qu'il faut approvisionner en blé.

  Analyse de l'image:

A Ornans durant l’hiver 1853-1854, Courbet immortalise une scène de la vie paysanne, dont il a choisi les modèles parmi les membres de sa famille. Au centre, sa sœur Zoé crible le blé au moyen d’un grand van ; assise en retrait, Juliette, seconde sœur du peintre, sépare manuellement les grains de la paille ; à droite enfin, un jeune garçon identifié comme son fils naturel examine le mécanisme du tarare, appareil à cribler par ventilation. A la surface de la toile, un camaïeu d’ocres décline la couleur naturellement chaleureuse du blé qui s’éparpille au sol. Seules la robe de Juliette et la veste du garçonnet, se répondant de part et d’autre de l’axe central de la toile, sont traitées en couleurs froides, tandis que l’intensité chromatique culmine dans le vêtement rouge orangé de Zoé. Point focal de la composition, cette dernière s’impose au spectateur par sa taille presque disproportionnée, mais aussi par l’énergie et la tension qu’elle développe et transmet à l’ensemble de la représentation. A son “ expansivité musculaire ”, trahie par le puissant mouvement d’ellipse qu’elle imprime au tamis, s’ajoute la troublante sensualité de sa position – elle est agenouillée – et de son corps déployé par l’effort physique. Visage caché, presque anonyme, Zoé emplit de sa présence toute la toile, tandis que les deux autres acteurs – Juliette, somnolente sur son ouvrage, et l’enfant, littéralement absorbé dans la contemplation du tarare – apparaissent comme des figurants.