A quel point la laideur dans l'art,pourrait-elle hypnotiser le spectateur?
 
 
Quentin Massys - L'affreuse duchesse - 1530
 
                   L’œuvre porte le nom de « L’affreuse duchesse » ou « Vieille femme grotesque » ou encore appelée « Portrait d’une vieille femme ». C'est une  huile sur toile de 64 x 45,5 cm est exposée à la « National Gallery » de Londres. Son auteur Quentin Metsys est né en 1466 à Louvain et est mort en 1530 à Anvers le 14 septembre. C’est un peintre flamand du mouvement artistique des primitifs.
                Des siècles entiers que l’« affreuse duchesse », s’attire la curiosité des historiens d’art et nourrit leur spéculation. Qui avaient fini par conclure à une peinture satirique moquant les vieilles femmes qui se griment pour paraître plus jeunes. Jusqu’à ce que la science s’en mêle.
                            En 1989, Jan Dequeker, rhumatologue à l’université de Louvain, émet pour la première fois une autre hypothèse : et si le tableau était le portrait d’une femme difforme, atteinte de la maladie de Paget, une affection qui se caractérise par une poussée excessive et anarchique des os et qui peut, quoique rarement, affecter la structure du crâne ? Un étudiant en médecine britannique et son professeur confirment aujourd’hui l’hypothèse.
             Un chirurgien passionné d’art arpente les couloirs des musées avec son essaim d’élèves. l’homme désigne la vieille duchesse à ses élèves et émet l’hypothèse de la maladie de Paget. L’un d’eux, Christopher Cook, s’en saisit. Et très vite, confirme le diagnostic. Car dans les traits de la femme, les symptômes caractéristiques de l’affection sont nombreux : un front bombé, une arcade sourcilière épaisse et une distance exagérément grande entre le nez et la bouche, formant un visage à l’aspect léonin. Des lèvres ourlées vers l’intérieur qui trahissent l’absence de dents, une main aux articulations gonflées, signe d’arthrose. Autant de conséquences fréquentes de la maladie de Paget. Enfin, la large clavicule de la vieille femme achève de convaincre. « Si l’artiste cherchait juste à s’amuser, à peindre un visage laid, il ne serait pas allé jusqu’à dessiner le détail d’une clavicule épaisse », souligne Michael Baum.
Conclusion :
              la femme difforme a bien existé. Restait à lever le voile sur son identité… Là, les deux scientifiques se tournent vers les historiens d’art et se forgent une opinion. « Parce que les vêtements qu’elle porte sont étonnamment à la mode pour la région et l’époque, nous pensons qu’elle a dû tirer bénéfice de son apparence, confie Christopher Cook. A cette époque, les personnages étranges et les “monstres” étaient à la mode à la cour, cela pourrait expliquer la richesse de ses vêtements. »